Une 34e édition satisfaisante pour Innu Nikamu

(Crédit : Joyce Dominique)

C’est avec satisfaction des festivaliers que s’est déroulée la 34e édition d’Innu Nikamu du 2 au 5 août, à Mani-Utenam. Artistes, qualité des spectacles, diversité des artisans : tous les éléments étaient réunis pour satisfaire les festivaliers lors de cet évènement incontournable de l’été.

Le coordonnateur et directeur de la programmation du Festival Innu Nikamu, Kim Fontaine, affirme n’avoir reçu que des commentaires positifs de la part des festivaliers. Selon lui, l’édition 2018 a été à la hauteur des attentes qui se sont créées au fil des années chez les participants. « Quand tu habitues les festivaliers à avoir une belle édition, ils s’attendent pour l’année suivante à avoir la même qualité d’évènement, sinon mieux », résume-t-il.

Une place pour la relève

Les artistes de la relève bénéficient chaque année d’une place au Festival. Kim Fontaine explique qu’il est important de leur donner le coup de pouce  dont ils ont besoin afin de prendre leur envol. Innu Nikamu est une chance pour les jeunes en début de carrière de se faire connaître. Karen Pinette Fontaine, Scott-Pien Picard, Matthew Vachon et le groupe atikamekw Nikanik sont quelques-uns des artistes qui ont pu se faire entendre sur la scène.

Des artistes allochtones

Voilà maintenant 5 ans que des artistes non autochtones font partie intégrante de la programmation d’Innu Nikamu. C’est entre autres pour attirer des non-autochtones qu’on a choisi de les inviter à se joindre à la fête. Plusieurs sont parfois réticents à se rendre sur une réserve autochtone et ont les préjugés qui vont avec. La présence d’artistes de plusieurs horizons permet d’envoyer le signal que tout le monde, autochtone ou non, est le bienvenu à prendre part aux festivités sur le site de Mani-Utenam. Paul Daraîche, l’icône du country québécois ainsi que Jonathan Freeman, originaire de la Côte-Nord et candidat de La Voix 6, étaient de la partie.

Un état financier positif

Le coordonnateur Kim Fontaine prévoit que le Festival retirera cette année un léger revenu. Il mentionne que 2018 aura été somme toute satisfaite sur le plan financier. Rappelons que les dernières années n’ont pas été de tout repos et que malgré la notoriété du Festival, il était toujours un défi de taille d’assurer une nouvelle édition.  Les programmes gouvernementaux émanquaient souvent sd’incompréhension des enjeux autochtones, selon l’organisation. Cette année, Innu Nikamu a pu recevoir  de l’aide du ministère du Patrimoine canadien, triplant ainsi son financement.

Un départ marquant

L’édition 2018 du Festival aura été tristement marquée par le départ de Réginald Vollant, qui en était le directeur depuis 2011. « Ç’a été une édition très fébrile et très émotive au niveau de l’organisation. […] Le message de Réginald a toujours été – et serait toujours, je pense – de continuer le Festival sur la même lancée. » Une chanson-hymne, Tshinanu, lui fut d’ailleurs dédiée à la fin de la performance de Samian. Tous étaient déjà au courant que celui-ci menait un combat contre le cancer et qu’il en était à ses derniers jours, mais l’organisation du Festival devait se poursuivre. C’est au lendemain d’Innu Nikamu que la situation fut beaucoup plus émotive.

L’organisation du festival s’affaire déjà à préparer l’édition de l’an prochain. Kim Fontaine assure qu’il s’agira d’une édition grandiose, puisque ce sera le 35e anniversaire d’Innu Nikamu. « On vise à aller chercher de grands noms de la musique autochtone ».

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