Survie de l’orignal : Les Anicinabek font leur part

Avec des slogans affichés sur le balcon, cette maman anicinabe inculque de belles valeurs environnementales à ses enfants. Photo : Cheyanne Rice-Jerome.

Winneway – Le 13 septembre pour souligner le 12e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, la Nation Anicinabe s’est activée pour assumer son rôle de protecteur de son territoire. Ainsi, un moratoire a été décrété sur la chasse à l’orignal dans la Réserve faunique la Vérendrye.

Les membres participants de Winneway, de la Première Nation de Long Point en Abitibi-Témiscamingue, précisent que le moratoire, qui concerne la chasse sportive à l’orignal, repose sur leurs droits inhérents et leur rôle de protecteur de leur territoire non cédé. De ce fait, en vertu de ces droits ainsi reconnus, notamment l’autodétermination et la légitimité des actions du peuple Anicinabe, les actions de chasse doivent absolument être respectées par le gouvernement du Québec et par l’ensemble de la population québécoise, notamment par les chasseurs.

De calmes actions

Pour manifester leur désir de protéger l’orignal, les actions de certains membres de la Nation Anicinabe se sont concrétisées par une manifestation pacifique qui s’est déroulée aux différentes entrées de la Réserve faunique La Vérendrye. Pendant cette journée, les manifestants distribuaient des dépliants afin d’informer les chasseurs sportifs.

Un animal emblématique

Leur mission claire est de protéger l’orignal, qui est source de nourriture importante et une composante vitale de la culture des Anicinabek. « Nous comptons faire tout en notre pouvoir pour assurer la pérennité de l’espèce », a précisé le feuillet informatif de la Première Nation de Long Point, là où l’orignal est l’icône du logo officiel. Il faut ajouter que le moratoire concerne également les connaissances du territoire et ses ressources.

Des aînés inquiets

Dans leurs communications, un point fait mention de l’inquiétude des aînés qui estiment, compte tenu du piteux état des habitats fauniques, que la survie de l’orignal est gravement en péril. « Notre moratoire est une mesure pour le bénéfice, non seulement de la Nation Anicinabe, mais également de toute la population québécoise. J’insiste pour que des membres du gouvernement se joignent à notre cause. Cela démontrera un désir sincère de travailler conjointement avec la Nation Anicinabe et fera en sorte que nos demandes soient entendues dans le réel esprit d’une relation de nation à nation », a déclaré Steeve Mathias, chef de la Première Nation de Winneway.

Un mot sur la Déclaration de l’ONU

Adoptée le 13 septembre 2007, la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones établit un cadre universel de normes minimales pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones du monde. Cette Déclaration confirme que « les peuples autochtones ont le droit de posséder, d’utiliser, de mettre en valeur et de contrôler les terres, territoires et ressources qu’ils possèdent parce qu’ils leur appartiennent ou qu’ils les occupent ou les utilisent traditionnellement, ainsi que ceux qu’ils ont acquis ».


 

photo 1- manif credit Cheyanne Rice-Jerome

Dans le cadre d’une manifestation pacifique, munis de pancartes, des Anicinabek offraient de l’information aux chasseurs qui entraient par l’une ou l’autre des entrées de la Réserve Faunique la Vérendrye. Photo : Cheyanne Rice-Jerome

Photo 3--Chuck Ratt et Steeve Mathias-Credit Tina Notty

Installés pour manifester, Chuck Ratt pose avec Steeve Mathias, chef de Winneway en Abitibi-Témiscamingue. Photo : Tina Notty