Spectacle Nipaimianan fêtera ses 15 ans!

Mani-utenam – Le spectacle Nipaimianan/Noël est très attendu chaque année à l’approche des Fêtes. Ce qui a débuté par un cadeau offert par les chefs innus pour souligner le travail exceptionnel de Florent Vollant, est devenu à présent un cadeau que les gens accueillent avec bonheur depuis maintenant 15 ans!!! Les gens pourront une fois de plus se réunir à la Salle de spectacle Jean-Marc Dion de Sept-Îles mercredi, le 19 décembre prochain.

Florent Vollant se souvient de son premier spectacle de Noël. « À l’approche de Noël, les chefs innus se sont unis pour m’offrir un cadeau, soit de donner un spectacle à la Salle Jean-Marc Dion. Et lorsque j’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde, j’ai décidé de renouveler l’expérience l’année suivante… et l’année d’après… et ainsi de suite, et depuis, on l’a toujours fait! Au départ, il n’y avait pas beaucoup de non Autochtones et maintenant il y en a de plus en plus! ».

Son fils Mathieu McKenzie a ajouté que c’est devenu un échange culturel entre les Innus et les Québécois. « Au commencement, ils étaient environ une trentaine et 15 ans plus tard, il y a près de 200 Septiliens qui y assistent. Nous habitons près l’un de l’autre, et le temps d’une soirée, on est ensemble et la musique nous rapproche. C’est là que je remarque qu’il y a une progression ».

Pour sa part, Florent est heureux de voir que leur spectacle est très prisé. « Chaque année, nous avons des gens, nos frères de Matimekush, de Kawawachikamach, de Nutashkuan, d’Ekuanitshit… Ceux qui viennent pour faire leurs emplettes de Noël et de même viennent jouer au bingo. Ils viennent voir le spectacle, c’est plaisant ! […] D’ailleurs, plusieurs Innus me disent que c’est à ce moment-là que Noël débute pour eux ».

Invités

Cette fois-ci, le groupe Nikamu Mamuitun / Chansons rassembleuses est l’invité spécial. Un projet de résidence de création qui a réuni des jeunes issus de deux peuples à Petite Vallée au printemps 2017. Les huit jeunes ont travaillé à écrire et interpréter des chansons en langue autochtone et en français, avec des guides tels que Florent Vollant et Marc Déry. Dans le groupe, il y a les jeunes Innus, Matiu Vachon, Scott-Pien Picard, Karen Pinette, l’Atikamew Yvan Boivin-Flamand, et les jeunes Québécois, Cédrik St-Onge, Marcie, Chloé Lacasse et Joëlle Saint-Pierre.

En fait, c’est la salle de spectacle qui coûte cher; faire venir les artistes, les loger, couvrir les frais de repas et aussi payer un cachet. Je ne leur demande pas de venir gratuitement. Je ne leur demanderais pas ça… Ils ne sont pas riches les artistes. Je vais trouver l’argent pour les payer. Je finis parfois par en trouver et je peux ainsi les inviter », a fait savoir Florent. Nous n’avons pas de subvention. Il y a un soutien de la part d’ITUM, Tshakapesh, PAL airlines, CKAU… Tous ceux qui nous aident sont nommés dans notre affiche.

Événement familial

Ce que Florent Vollant aperçoit devant la scène, ce sont des familles réunies autour de cet événement. « Il y a des enfants, des aînés, des femmes, des hommes, des jeunes filles et gars. Ils sont tous là, c’est un événement familial. De la scène, lorsque je chante, j’ai vu des enfants assis près de leur grand-mère, le père était là, sa femme et leurs jeunes enfants. Ils sont tous assis ensemble. Les enfants s’étaient endormis… je vois ça, je trouve cela merveilleux! C’était ce but-là qu’on voulait atteindre ».

Une impression de déjà vu. « Dans le temps, nos parents se réunissaient sous la tente. J’ai écouté ce qu’ils m’ont conté. Il y avait aussi un tel rassemblement à Noël. Lorsqu’ils partaient en automne sur le territoire, les familles se disaient déjà où elles passeraient Noël, c’est à cet endroit qu’on passera Noël, si vous désirez venir. Puis ils se rassemblaient avec plusieurs familles et passaient Noël ensemble. Un peu comme faisaient nos parents, cette période les réunissaient, avec les autres dans le respect. C’est ce que je vois à chaque année », a confié le chanteur.

Chaque année, poursuit le chanteur, il y a un énorme travail à faire pour monter ce show. Même après 15 ans d’expérience, ça ne se fait pas tout seul, on reçoit de l’aide. Il y a plusieurs amis qui nous aident dans ce projet. Ça demande une grande organisation », a-t-il souligné.

Fonds

Les montants amassés à chaque spectacle servent au fonctionnement du studio Makusham. Avec ça, on peut fonctionner pendant un an. Ça paye l’électricité, le déneigement, les assurances qui sont coûteuses, bref, tout ce qui touche aux communications du studio Makusham. Comme ça, on ne court jamais après personne, on peut s’auto-suffire. Il n’y a qu’une fois par année où nous demandons de l’aide, [et c’est pour le spectacle de Noël].

Album

S’il veut faire un album? « Et « coline! » (rire). J’ai un de mes amis qui me dit : Ça serait le temps d’en faire un autre! J’en ai assez de toujours réécouter ton album. Tu devrais en faire un nouveau! (rire) ». Je ne veux pas en rire… J’aimerais ça, j’aimerais ça on dirait. Ça serait bien, comme tu me dis, plusieurs m’en parlent. Tu sais ce que je ferais ? Je retravaillerais avec les mêmes qui étaient là dans le premier album. Luce Dufault, Zacharie Richard, Richard Séguin, je les réinviterais, Ray Bonneville, Lucien Gabriel- Jourdain… tu me le fais penser là! Ça médite, j’y pense, j’y pense… »

Mots de la fin de Florent

« 15 ans! 15 ans de mercis pour les gens. Tous ceux-là qui sont venus ces 15 dernières années, ceux qui m’ont soutenu, encouragé, tous ceux m’ont aidé, Mathieu McKenzie, sa femme Nelly Jourdain, Kim Fontaine, Éric Poirier, mes enfants. Ma fratrie qui était là, il y en a qui sont décédés maintenant, ma sœur Doris Vollant, elle était toujours là, mon petit frère Pepet (Réginald Vollant), il était toujours là, il m’a toujours soutenu. Tous ceux qui m’ont enlacé lorsque tout était fini, les amis qui nous donnent un coup de main dans l’organisation. Je vois mes petits-enfants courir partout, c’est ce que représente Nipaimianan pour moi. Je peux dire que c’est ça mon Noël à moi. Merci aussi à Innuvelle », a-t-il conclu.