Réginald Vollant s’éteint

(Crédit : Courtoisie Aniesh Vollant)

Un grand homme, Réginald Vollant, a succombé à un cancer le 6 août dernier. Celui qui était directeur de la radio communautaire de Uashat mak Mani-Utenam et du Festival Innu Nikamu s’est éteint à l’âge de 57 ans, à la maison de soins palliatifs l’Élyme des Sables de Sept-Îles.

Il aura permis de perpétuer la tradition du Festival Innu Nikamu au fil des ans.  Il a également participé à la fondation du Musée Shaputuan de Sept-Îles et en a été le directeur pendant près de six ans. La rencontre entre les différentes nations et entre autochtones et allochtones aura  fait partie de quelques-unes de ses préoccupations tout au long de sa carrière. Réginald Vollant aura aussi fait beaucoup pour soutenir la culture et la musique des Premières Nations. Tous ceux qui l’ont côtoyé s’entendent pour dire qu’il laisse un héritage important chez les Premiers peuples.

Un grand vide

Le départ de Réginald Vollant a suscité de nombreuses réactions partout au Québec, à commencer par les gens d’Uashat mak Mani-Utenam. L’homme était reconnu pour sa proximité avec la communauté et ses multiples implications  dans de nombreuses causes sociales. « Il nous aura fait comprendre que la mission qu’il s’était lui-même donnée, celle du rapprochement des Nations, était le chemin que nous devions suivre pour le partage des valeurs autochtones traditionnelles », affirment Kim Fontaine, coordonnateur du Festival Innu Nikamu, et Charles Robertson, président du conseil d’administration de CKAU.

Le gouvernement du Québec a aussi tenu à transmettre ses condoléances par voie de communiqué. Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, mentionne que « Réginald était un grand homme, un pilier de la Nation Innu, et un ami. Il a porté de nombreux chapeaux au sein de sa communauté pour promouvoir la beauté de la culture et de la langue innue. Il cherchait continuellement à unir les nations, à créer un rapprochement entre les peuples. » Le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, a tenu à mentionner que « son dynamisme incroyable et son implication communautaire extraordinaire transcendaient sa personnalité et faisaient de lui un modèle pour bien des générations. C’était un homme qui avait du cœur au ventre et qui a agi positivement sur la communauté, et bien au-delà. »

Une église remplie

Réginald Vollant fut porté à son dernier repos dans la petite église de Maliotenam, qui était pleine à craquer. La cérémonie, qui fut célébrée autant en français qu’en innu, était parsemée de chants, à l’image du défunt. Les centaines de personnes qui étaient venues lui rendre un dernier hommage se souviendront de lui comme un leader de la culture innue capable de rallier les gens entre les communautés et aussi les autochtones et allochtones. Son départ laissera certainement un grand vide dans le monde autochtone.

Ce dernier aura vraisemblablement attendu la clôture du Festival Innu Nikamu pour rendre l’âme. Soulignons qu’à peine quelques semaines avant son décès, Réginald était toujours en pleine préparation des festivités.

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