Pacte socio-économique entre le Canada, le Québec et le peuple innu

Une nouvelle parution de livre s’intitulant Pacte socio-économique entre gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec et le peuple innu vient de sortir en France chez l’Harmattan.

Sous la plume de l’aîné de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Gilbert Pilot, en collaboration avec Réjean Côté connu auprès des communautés autochtones au Québec depuis plusieurs années, notamment dans le contexte des négociations territoriales, cette publication rejoindra les librairies du Québec au cours du mois d’octobre.

Selon M. Pilot, le livre veut d’abord faire connaître les Innus. «Dorénavant, tout développement sur le Nitassinan doit se faire dans la propreté. C’est-à-dire que le provincial, le fédéral ainsi que les compagnies qui viennent chez nous, entendent notre voix», a- t-il sommé.

L’ouvrage traduit la volonté des communautés du peuple innu de mettre de l’ordre dans les relations de «nation à nation» et de changer certains paradigmes, afin de rester maîtres de leur propre développement sur le Nitassinan, territoire ancestral du peuple innu.

Dans le contexte d’une autonomie gouvernementale innue, ce livre constitue une plateforme de négociation entre le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec et les communautés du peuple innu afin de conclure un pacte socioéconomique. «Les Innus ne veulent pas entendre parler de traité. Je les ai consultés souvent à ce sujet, ils étaient contre d’idée de traité, qui se prolonge  trop longtemps contrairement à un pacte économique qui dure 20 ou 25 ans. Ce qui fait que dans 25 ans, la prochaine génération pourra faire des changements. «Tu peux le terminer dans 5 ans, 10 ans, tu peux corriger, changer si ça ne fait pas l’affaire», a expliqué M. Pilot.

Préface de Viviane Michel

«Nous existons ! » s’exclame Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec. «En tant que mère, je suis déchirée de voir notre Terre Mère en agonie sans que rien de tangible ne soit fait».

Ce cri du coeur pointe la longue marche des gouvernements pour rendre anonyme le Nitassinan, le territoire ancestral du peuple innu, à la faveur du développement nordique du Québec.

Ce cri rappelle la distribution inégale de la richesse, la détérioration des conditions de vie et la dégradation de l’environnement caractérisant l’exploitation des ressources naturelles sur le Nitassinan. Mais plus encore, ce cri ravive la réflexion actuelle des Innus sur la pertinence d’une charte innue.

Un deuxième livre

La grande expérience internationale de M. Pilot, notamment en rencontrant d’autres peuples, d’autres organisations et en ayant aussi travaillé plusieurs années pour défendre les intérêts des premiers peuples l’a incité à écrire un livre. « Ce livre n’est que la première partie, la deuxième va venir plus tard. Il sera question de qui nous sommes. Je suis tanné des gens, des entrepreneurs qui viennent nous voir et qui viennent voler notre histoire. Notre histoire doit être racontée par nous même et non par un étranger qui vient chez nous. Il déforme la vérité sur le peuple, le vécu du peuple en terme de santé, en terme de poli- tique», a confié l’auteur.