Négociations des Atikamekw : La justice tranchera pour Opiticiwan

Le temps est venu pour Opitciwan de défendre son destin et nous sommes déterminés à mener ce combat, avec tous les moyens nécessaires, jusqu’à ce que justice soit faite », a déclaré le chef Christian Awashish qui a choisi, au nom de sa communauté, de mener seul son combat.

Opitciwan – Après plus de quarante longues années de pourparlers futiles, c’est auprès de la Cour supérieure que les Atikamekw d’Opitciwan, après s’être retirés de la table des négociations, ont déposé le dossier concernant la reconnaissance de leur titre et de leurs droits ancestraux pour leur communauté.

L’événement à toute fin historique s’est déroulé à Montréal, le 22 janvier dernier, alors que les membres du Conseil de la Première Nation d’Opitciwan et mandataires des familles traditionnelles ont soumis la totalité des documents pour que leur territoire ancestral, Opitciwan Iriniw Otaskiwaw, leur soit enfin cédé.

Pour résumer la demande, le Conseil d’Opitciwan souhaite que la Cour supérieure du Québec reconnaisse que les Atikamekw d’Opitciwan aient un titre exclusif sur l’ensemble de leur territoire ancestral. Il faut rappeler que le territoire ne leur a jamais été cédé. Ces nouveaux droits, s’ils sont reconnus, permettront aux décideurs d’Opitciwan, toujours dans le respect de leurs valeurs et de leur culture, de veiller à l’occupation, la gestion et l’utilisation du territoire et de ses ressources naturelles.

Des ressources fauniques

En plus des droits territoriaux, il est également question de la chasse, de la pêche, de la trappe ainsi que de la cueillette et de récolte des items nécessaires à la fabrication d’objets utilitaires ou culturels. Il faut insister sur le fait qu’à l’instar de leurs ancêtres, plusieurs Atikamekw d’Opitciwan ont toujours tissé un lien privilégié avec leur territoire pour y vivre leur quotidien. Aussi, ils le fréquentent assidûment pour y puiser les ressources et assurer leur subsistance.

Selon le chef d’Opitciwan, Christian Awashish, il y a trop longtemps que les gouvernements hésitent à reconnaître les droits à l’autodétermination quant à la gestion du territoire ancestral et des ressources. « C’est encore un enjeu majeur et une source de conflit et de mécontentement. Le concept de Nation à Nation reste théorique lorsqu’il est question de la gestion du territoire. La reconnaissance du titre et des droits ancestraux par la Cour supérieure du Québec demeure le meilleur moyen d’assurer la protection et la sauvegarde de notre territoire », a estimé le chef.

Il y a une quarantaine d’années, une table de discussion composée de représentants des trois communautés atikamekw, du gouverne- ment du Québec et du Canada avait été formée pour arriver à une en- tente. Or, de A à Z, de la cave au grenier, les négociations ne faisaient que tourner en rond depuis le début et n’aboutissaient qu’à des déceptions. Pour mener à la décision d’aller en Cour supérieure, comme les dernières propositions ont été jugées insatisfaisantes, c’est là que les élus du Conseil d’Opitciwan, appuyés par les mandataires des familles traditionnelles, ont voté unanimement pour se retirer cette table de négociation qui incluait le Conseil de la Nation Atikamekw avec des représentants des deux paliers de gouvernement.

Une déclaration percutante

« C’est dans ces circonstances que le Conseil d’Opitciwan amorce une nouvelle stratégie pour la reconnaissance de ses droits. Après 40 ans de négociations qui ne nous ont pas permis d’aspirer à un projet de société, je pense que personne ne pourrait nous accuser d’avoir manqué de patience. Je comprends la complexité et le caractère sensible des enjeux de reconnaissance des droits et des titres autochtones par les gouvernements, mais il y a des limites à étirer le processus », a fermement conclu Christian Awashish.