Le mauvais état du quai de La Romaine continue de faire réagir

Le quai de La Romaine. (Crédit : Gouvernement du Canada)

Le quai de La Romaine, qui se trouve actuellement en piètre état, ne sera pas réparé prochainement. Le ministre des Transports, Marc Garneau, annonçait il y a quelques semaines qu’il ne prendrait pas de décision quant à une possible reconstruction tant qu’il n’allait pas connaitre les intentions de Québec quant au prolongement de la Route 138. Cette décision fut largement critiquée et continue de l’être par plusieurs élus de la Côte-Nord et de la Basse-Côte-Nord.

Des contraintes d’utilisation sont en vigueur par Transports Canada depuis le 6 juin. Une portion du quai et trois bornes d’amarrage sont désormais condamnées. Ces restrictions mettent le ravitaillement dans l’incertitude chaque semaine pour La Romaine et la communauté d’Unamen Shipu. C’est donc pour cette raison que les élus réclament des actions rapides afin que le quai puisse être réparé dans les plus brefs délais. Des enjeux de sécurité et de développement économique préoccupent grandement les élus et les populations locales à l’heure actuelle.

Un quai ou une route
Le ministre des Transports dit attendre d’être mis au courant des plans du gouvernement du Québec à savoir si la Route 138 qui s’arrête présentement à Kegaska sera bel et bien prolongée jusqu’à Unamen Shipu. Il s’agit d’une situation que déplore la députée fédérale de Manicouagan, Marilène Gill. Selon elle, le ministre devrait prendre ses responsabilités au lieu de se défiler en lançant la balle à Québec. Rappelons que les quais sont de juridiction fédérale et que les routes sont de juridiction provinciale. Elle ajoute aussi que les citoyens n’ont pas à faire un choix entre un quai ou une route. « Monsieur Garneau est en train de dire aux gens ‘’ce que vous allez avoir c’est soit un quai, soit une route’’ et reste que les gens ont le droit d’avoir une route et un quai qui est important pour le développement économique. […] Pour moi, c’est vraiment de leur poser un faux dilemme puisqu’ils devraient pouvoir avoir les deux. » Quant à Marc Garneau, il se défend en disant qu’il est important de savoir ce qu’il en est de la route, car cela viendra inévitablement changer la nécessité du quai.

De vives réactions
Cette déclaration du ministre des Transports n’a aucunement satisfait les élus de la région. Le préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, Randy Jones, trouve le comportement du ministre inacceptable et explique qu’étant donné que des matériaux de construction n’ont pu êtres livrés en raison de l’état du quai, cela met en péril le développement des communautés considérant que l’été est la période importante pour procéder à des constructions et des réparations.

Le président de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, Réjean Porlier, somme Transports Canada de donner des informations claires et précises sur les étapes à venir face à la situation du quai de La Romaine. « Est-ce que la basse Côte-Nord est importante pour le gouvernement fédéral ? Est-ce à dire que si un jour la route est construite, les installations portuaires seront laissées à l’abandon ? Des questions qui nécessitent des réponses et rapidement! » a-t-il ajouté dans un communiqué de presse.

Sensibiliser le ministre
En plus de lui avoir posé des questions à la Chambre des communes et d’avoir eu des correspondances avec lui, Marilène Gill a officiellement invité le ministre des Transports à se rendre en Basse-Côte-Nord avec elle afin qu’il puisse voir la réalité sur le terrain. « Je pense qu’il y a une façon de sensibiliser les élus en allant sur le terrain donc je l’ai invité en toute bonne foi à venir sur la Basse-Côte-Nord afin qu’il puisse voir la réalité. »

Le ministre des Transports s’est engagé à faire effectuer des travaux temporaires qui pourraient être réalisés dans deux mois. Un engagement qui n’a su satisfaire aucun des élus. Marilène Gill dit s’impatienter devant toute la désorganisation dont fait preuve Transports Canada. Tous sont donc toujours dans l’attente d’une solution plus satisfaisante de la part de l’organisme fédéral.