« Innu Nikamu: Chanter la résistance » : Prix du meilleur documentaire québécois

Devant les plus grands du cinéma québécois, Kevin Bacon Hervieux a reçu son prix dans le cadre du 21e Gala Québec Cinéma. Ilest monté sur la scène avec JoséeRock (veuve du producteur RéginaldVollant) et le producteur Ian Boyd. Photo Québec Cinéma

Montréal – Innu Nikamu : Chanter la résistance vient de recevoir le prestigieux prix Iris du meilleur documentaire québécois. Avec son film, le réalisateur Kevin Bacon Hervieux adresse un solide pied-de-nez au pensionnat Notre-Dame de Mani-utenam, là où le festival de musique accueille aujourd’hui tant de festivaliers.

Un rappel triste, mais nécessaire

Pourquoi un pied-de-nez? Innu Nikamu, avec sa puissance, la joie qui y est véhiculée et le succès qu’il connaît, écrase tous les fantômes du passé; les souffrances, les horreurs et humiliations qui ont été vécues dans ce pensionnat. Les victimes furent des jeunes Innus de la Côte-Nord, qui ont été déracinés de leur famille, de leur territoire, de leur langue et de leur culture. Le pensionnat a fermé, les bâtiments ont ensuite été démolis et enterrés sur un site qui est devenu, en 1985, celui d’Innu Nikamu.

« Ce film-là, je le dédie à ma communauté, à ma nation, parce qu’il parle d’un festival, mais le véritable personnage, ce sont les gens de mon village, ce sont les Innus », a déclaré Kevin Bacon Hervieux qui est monté sur la scène avec Josée Rock (veuve du producteur Réginald Vollant) et le producteur Ian Boyd.

Un film symbolique

Lors de la soirée, la cinéaste Alanis Obomsawin était présente pour remettre un prix. Elle n’a donc pas manqué, pendant la soirée, de saluer le prix du jeune cinéaste innu qui a produit son long métrage en 2016, dans la communauté de Mani-utenam. Produit par Terre Innue, une maison de production qui a pour mission de faire connaître les Autochtones, le documentaire présente l’histoire des 35 années du Festival qui se veut, comme le définit le film, un acte de résilience, un acte de résistance, de réappropriation et de réconciliation. Il faut également préciser qu’Innu Nikamu est le symbole d’un perpétuel combat, car les responsables du Festival doivent constamment se démener pour survivre et trouver le financement nécessaire.

Très actif

Très jeune, il y a 5 ans, à l’âge de seulement 22 ans, le talentueux Kevin Bacon Hervieux a reçu les tâches et le titre de directeur artistique d’Innu Nikamu. Il est reconnu pour ses forces en design graphique, en photographie, en design web et en musique, « Je sais que ma place est au festival. Je sais que je fais un bon travail. Aujourd’hui, le fait de recevoir ce prix, de croiser tous ces gens, de me faire aborder et féliciter m’encourage beaucoup à continuer », a-t-il déclaré après la soirée qui a sans doute changé sa vie.

Un mot sur le documentaire

La Voix des Premières Nations, par le biais de l’auteure de ces lignes, a eu la chance de visionner Innu Nikamu : Chanter la résistance. Un constat? Tout le monde devrait voir ce film qui est tout à fait génial et instructif. Pendant 92 minutes, les images défilent et nous permettent une incursion dans le passé de Mani-utenam, mais aussi de toutes les Premières Nations à la fois. Avec des images très recherchées du passé et des témoignages intéressants des fondateurs, des auteurs, des interprètes et autres, il est facile de comprendre pourquoi Kevin Bacon Hervieux a remporté ce si prestigieux prix. Frissons, larmes, tapements de pieds et sourires garantis! Pour 8 $, il est possible de voir ce magnifique film à l’adresse vitheque.com. « J’invite les gens à s’approprier le film et à savourer avec moi ce trophée puisque c’est notre histoire à nous tous », a fièrement conclu Kevin Bacon Hervieux.


 

Moment marquant lors du Gala Québec Cinéma alors que la grande Alanis Obomsawin a présenté un prix. Photo Québec Cinéma

photo 2- Guylain et Edith- Quebec cinema

Devant les plus grands du cinéma québécois, Kevin Bacon Hervieux a reçu son prix dans le cadre du 21e Gala Québec Cinéma. Ce sont les animatrices, Guylaine Tremblay et Édith Cochrane, qui lui ont remis ce prix. Photo: Québec Cinéma