Imposteurs se proclamant Autochtones : Soyez vigilants

Au moment d’écrire ces lignes, la seule façon dont le Service correctionnel du Canada décide si un détenu est Autochtone se fonde seulement sur la déclaration de ce dernier. Il n’y a donc aucune vérification offcielle. Photo Chantale Potvin

Wendake – Suite à une enquête d’Isabelle Hachey, parue dans La Presse, l’APNQL a publié une importante mise en garde contre les imposteurs qui s’autoproclament Autochtones afin de profiter des avantages, de soutirer de l’argent ou d’obtenir des droits spéciaux dans les établissements carcéraux.

Tout dépendant de ce à quoi ils aspirent, les uns se présentent comme étant des marchands de divers produits et services, tandis que d’autres osent officiellement prétendre être shaman ou guide spirituel autochtone. D’une communauté à l’autre, dans plusieurs établissements, les exemples d’improvisations corrompues s’accumulent.

Rien de drôle!

À la lumière de ces dénonciations, l’APNQL, insiste pour encenser les services spirituels qui sont offerts par des vrais Autochtones, mais juge les gestes des usurpateurs comme étant hautement crapuleux. « Dans un contexte où l’appropriation culturelle soulève des préoccupations, il n’y a pas plus malhonnête que de tromper le public de façon aussi flagrante en s’adonnant à de la fausse représentation. S’autoproclamer «guide spirituel» ou «shaman» sans aucune affiliation à ni l’une, ni l’autre de nos Premières Nations relève de l’escroquerie, en plus d’être complètement irrespectueux envers les personnes qui placent leur confiance en ces individus », a déploré Ghislain Picard, chef de l’APNQL.

Aidés des gouvernements

Pour renchérir, le chef Picard juge que l’exploitation de la vulnérabilité des Autochtones est inacceptable et il a ajouté : « certains s’y adonnent sans gêne, et même parfois avec l’appui formel des gouvernements qui se font ainsi les complices d’un tel simulacre ». Pour régler la problématique, devant les chefs de l’APNQL, M. Picard a soumis l’idée d’établir un répertoire officiel pour identifier les personnes reconnues par leur Nation pour les fins de services qui puisent leur source dans la spécificité authentique, traditionnelle, culturelle ou spirituelle autochtone. De plus, des communications seront faites avec les dirigeants des prisons afin que le processus de vérification de l’authenticité de l’affiliation autochtone de certains détenus soit plus sévère. 

Un mot sur les prisons

Selon l’enquête de La Presse, des personnes, qui se qualifient de sages aînés, sont embauchées dans les pénitenciers québécois pour offrir des services spirituels aux Autochtones incarcérés. Sans aucune reconnaissance d’aucune nation autochtone du Québec, ils rencontrent les détenus des Premières Nations. Aussi, des centaines de criminels se disent Autochtones dès leur entrée au pénitencier. Cela fait leur affaire, car ils peuvent ainsi bénéficier de certains avantages, telles qu’une réévaluation plus rapide de leur dossier, des visites plus fréquentes de leur conjointe et une libération conditionnelle anticipée.

Il faut que ça cesse

Selon le reportage très étoffé et recherché de La Presse, plusieurs passe-droits accordés dans les prisons sont révélés, ce qui ne manque pas d’outrer Ghislain Picard qui a tranché en affirmant : « Dans le milieu carcéral, des membres de nos communautés sont soustraits de certains programmes ou services au bénéfice d’autres personnes qui n’y ont peut-être même pas droit. On ne souhaite pas laisser passer ça ».

Informations

Pour conclure, au moment d’écrire ces lignes, 469 détenus québécois se disent Autochtones ou Métis alors qu’aucune nation métisse n’est reconnue au Québec.