Gestes impardonnables de certains Oblats

Photo : Fonds Serge Jauvin, Institut Tshakapesh

Uashat mak Mani-utenam – Anne Panasuk, une journaliste de l’émission Enquête, diffusée à Radio-Canada, a dernièrement mis en lumière les actions punissables des Oblats, qui « régnaient en roi et maître chez les Innus et les Atikamekws ». Horreurs, abus, violences et autres bassesses défilent pour démontrer les gestes épouvantables de ces êtres abjects qui ont profité de leur pouvoir religieux afin de commettre des crimes qui ont été carrément cachés par la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée.

À vous les pensionnats!

C’est en 1816 que la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée a été créée en France. Les missionnaires envoyés « de l’autre côté » pour évangéliser le Canada devaient en particulier, christianiser les Premières Nations, en intervenant avec les enfants, qu’ils devaient assimiler aux « Blancs ». Ce sont donc les membres de cette congrégation qui ont eu la responsabilité des pensionnats francophones.

Ne pas entendre les horreurs

Dans ses recherches, Radio-Canada a présenté une dizaine d’Oblats qui ont agi à titre de curés dans huit communautés autochtones du Québec. Selon le reportage, ces prêtres auraient agressé sexuellement des femmes et des enfants qui auraient dénoncé en vain les abuseurs. Souvent, les Autochtones se sont plaints, mais les autorités religieuses ont fait fi de tous les témoignages qui corroboraient les multiples agressions. Il est important de préciser que dans cette affaire, c’est la première fois que des religieux sont nommés publiquement pour des agressions commises entre1950 et 1990.

Des exemples atroces

Dans les histoires présentées, il est question du père Raynald Couture, qui a été présent à Wemotaci de 1981 à 1991. Avec un VTT, il séduisait les garçons qu’il amenait dans des chalets. Les témoignages concernant Couture sont criants de vérité et de dégoût. « Il me poussait sur le lit et il embarquait sur moi; il disait «Sors-moi ta petite langue que j’y goûte», a confié une victime. « J’ai éteint quelques feux, je suis intervenu dans certains accidents et j’ai ramassé des cadavres. Je n’ai même pas assez de doigts sur mes deux mains pour compter les victimes qu’on a décrochées d’une pendaison », a ajouté le témoin qui est convaincu que le père Couture est en partie responsable de ces suicides et il avait le toupet, l’indécence et l’immoralité de célébrer leurs funérailles.

S’incruster malgré les plaintes

Vers 1988, malgré les demandes incessantes des intervenants sociaux de Wemotaci de retirer le père Couture, les Oblats refusaient. Or, sous la pression et prétextant des problèmes de santé, il a quitté la communauté pour être caché en France par sa congrégation jusqu’en 2000, là où il n’aura pas de choix de faire face à la justice suite aux plaintes d’agressions sexuelles de huit Atikamekws. C’est en 2004 que Couture a été condamné à 15 mois de prison.

D’autres communautés ont vécu des horreurs similaires avec des personnages aussi infâmes. C’est le cas de Manawan, qui a connu Édouard Meilleur, qui, de 1938 à 1953, a fait subir des atrocités innommables à de jeunes Atikamekws. Avec des histoires toutes aussi dégoûtantes les unes que les autres, le père Meilleur était un expert en exhibitionnisme. Le pire dans l’histoire de Manawan, c’est que les deux remplaçants d’Édouard Meilleur, Jean-Marc Houle (1953 à 1970) et Clément Couture (1970 à 1996) étaient eux aussi des agresseurs.

 

Sur la Côte-Nord et en Abitibi

Même phénomène chez les Innus qui ont aussi connu les traitements des Oblats. Ainsi, pour faire référence à presque toutes les communautés, les noms des religieux Sylvio Lesage, Roméo Archambault, René Lapointe et Alexis Joveneau sont cités dans le reportage d’Anne Panasuk. Chez les Anishnabées, le nom d’Edmond Brouillard et chez les Inuit et dans le Nord, ce sont Eric Dejaeger et Joseph Pirson qui ont aussi commis des abus.

« Le prêtre Meilleur était en train de se bercer. Il était complètement nu. Il s’est levé et il est venu directement vers moi. Il voulait m’agresser. » Antoine, qui avait 5 ans lors d’un événement traumatisant vécu à Manawan.

 

 

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