Discussions visant la sauvegarde de la langue innue

L'événement fut l'occasion pour les aînés, les élus, des membres des communautés innues du Québec et du Labrador et des jeunes de Matimekush-Lac John de partager sur l'importance de protéger leur langue maternelle.

Collaboration Tshakapesh

Pour ses 40 ans, l’institut Tshakapesh s’est donné le mandat d’actualiser le portrait de la situation de la langue innue, de définir l’avenir souhaité par les communautés et surtout, d’identifier les pistes de solutions pour atteindre l’objectif ultime de préserver et revaloriser la langue innue. Plus de 100 représentants des communautés innues du Québec et du Labrador ont ainsi participé aux discussions au Centre des congrès de Sept-Îles, les 11 et 12 septembre.

Cette tribune offrait donc une opportunité de discuter de cet enjeu qui concerne tous les intervenants de chaque communauté – aînés, parents, enseignants, jeunes, et membres des conseils des Innus. Assurer l’avenir de l’innu-aimun représente un immense défi pour toutes les communautés innues lorsque l’on sait que toutes les langues autochtones du Canada sont menacées.

Les constats

Les participants ont fait part de leur crainte concernant le déclin de la langue innue. Tel que certaines données l’indiquent, tous constatent que les jeunes parlent de moins en moins innu. C’est une réalité encore plus évidente dans les communautés à proximité des milieux urbains. Plusieurs ont affirmé que la langue n’avait pas la place nécessaire dans le système scolaire québécois; mais, il faut d’abord lui faire une plus grande place dans nos institutions. La culture est le fil conducteur de la langue, on ne peut pas séparer les deux, la langue doit s’apprendre par le biais d’activités traditionnelles.

Les actions

Il faut continuer à travailler ensemble. Comme plusieurs l’ont affirmé durant l’événement, l’entraide est une valeur innue, il ne faut pas dresser de barrière entre nos communautés. Bien que l’état de la langue soit différent d’une communauté à l’autre, il faut un plan d’action global. L’établissement d’un plan d’aménagement linguistique régional irait dans ce sens.

«Notre langue, c’est l’affirmation de notre identité culturelle. Identité et fierté à transmettre à nos enfants, à faire reconnaître et respecter. N’attendons pas de subir le même sort que plusieurs autres nations pour réagir et nous réapproprier notre langue. Notre langue et notre culture sont ce que nous avons de plus précieux, ce qui définit ce que nous sommes. C’est une question d’intérêt commun, mais surtout de concertation continue entre tous les intervenants concernés, organismes, familles et individus. Mais plus encore, c’est une question d’imputabilité envers nos enfants, en tout respect de nos aînés et pour l’avenir de notre nation», ont conclu le président du conseil d’administration, M. Alexandre McKenzie, et la directrice générale, Mme Marjolaine Tshernish.