Chronique touristique: L’écosystème touristique

Jason Picard-Binet, conseiller marketing chez TAQ présentant la formation.

Lors de l’assemblée générale de tourisme autochtone Québec (TAQ), qui a eu lieu le 8 novembre dernier à l’Espace Culturel Ashukan, une formation portant sur l’écosystème touristique a été présentée par notre conseiller marketing Jason Picard-Binet aux membres et partenaires présents. Cette formation exhaustive a été développée en collaboration avec la firme par Conseil et l’association des réceptifs et forfaitistes du Québec (ARF Québec), afin d’offrir un outil pertinent qui permet à nos entreprises touristiques de mieux comprendre l’environnement dans lequel elles œuvrent, les caractéristiques du réseau de distribution et les opportunités qui s’offrent à elles, autant en termes de financement que de partenariats.

Le tourisme au Québec et le tourisme autochtone

L’industrie touristique du Québec renferme à elle seule plus de 32 000 entreprises et crée plus de 377 000 emplois. De ces entreprises, 83 % emploient moins de 20 employés annuellement. Son apport économique au Québec est plus élevé que l’agriculture, les mines ou l’aéropatiale. Annuellement, c’est près de 8 millions de touristes hors Québec qui mettent les pieds au Québec.

Le tourisme autochtone brille égale- ment par son impact socioéconomique sur les communautés et la province, mais aussi par son exceptionnelle croissance dans les der- nières années. Au Québec, il existe environ 230 entreprises touristiques autochtones, c’est-à-dire, des entreprises administrées ou à propriété d’une majorité d’Autochtones offrant une expérience touristique. Environ 65 % de ces entreprises ont la fierté d’être membre chez Tourisme Autochtone Québec et peuvent être regroupées sous 4 principaux secteurs : nature et aventure, chasse et pêche, art et culture, hébergement et restauration.

Partenariat et financement

TAQ estime que le développement de partenariats est une approche à mettre de l’avant afin de faire grandir rapidement les entreprises touristiques autochtones au Québec. Considérant que l’industrie du tourisme autochtone est dans un contexte où la de- mande dépasse l’offre, il est essentiel de travailler en collaboration avec les acteurs clés de l’industrie pour optimiser les expériences touristiques autochtones offertes. De cette façon, TAQ entretient des liens soutenus avec plusieurs partenaires tant au niveau national, provincial que local, toujours dans l’optique de positionner le tourisme autochtone sur les marchés cibles.

La recherche active de financement est un autre levier considérable pour appuyer le développement de l’offre touristique autochtone. TAQ est continuellement à l’affût des différentes opportunités de financement qui s’offrent aux entrepreneurs et s’assure de partager avec ses membres l’information pertinente. Également, comme il existe plusieurs sources et modèles de financement disponibles, nous nous assurons de bien accompagner les entrepreneurs dans leur démarche de demande d’aide financière et ainsi assurer la mise en œuvre des projets.

Critères pour être de calibre international

Bien qu’une entreprise opère depuis plusieurs années sur un marché local, il se peut qu’elle ne réponde pas aux critères internationaux. En effet, les attentes sont beaucoup plus élevées sur de tels marchés, compte tenu du fait que le voyageur et les agences opèrent à distance et désirent avoir des réponses en tout temps, 24 h/24, 365 jours par année. De plus, elle doit répondre à de nouvelles exigences gouvernementales de santé et sécurité propres à chaque pays. Il est aussi crucial d’offrir une expérience culturelle authentique et de qualité, offrant une constance en tout temps puisqu’une mauvaise expérience pourrait être fatale pour la réputation du produit et ainsi miner la crédibilité de toute l’industrie touristique autochtone. Un autre élément non négligeable est qu’une liste de prix garantis et commissionnables doit être établie 2 ans à l’avance puisque les agences créent et vendent leurs itinéraires. Ceci requiert donc une planification accrue et une excellente connaissance des coûts et des marges de profit désirées.

Le réseau de distribution

L’écosystème touristique a beaucoup évolué au fil des années. Les tendances d’achat des voyageurs également, obligeant ainsi les entreprises à innover et évoluer dans ce nouveau contexte de voyage. Cependant, il existe encore aujourd’hui un réseau de distribution à respecter lorsqu’une entre- prise désire vendre un produit touristique sur les marchés. Brièvement, les avantages de travailler avec un tel réseau sont de profiter d’une visibilité accrue sur les marchés, de jouir de la notoriété du partenaire auprès de la clientèle, de déléguer une partie du fardeau lié à la gestion des réservations, etc. Comme dans toute chose, cela comporte également quelques désavantages. Puisque c’est un réseau assez complexe, cela peut prendre jusqu’à 3 ans à mettre en place. Ensuite, les relations et liens de confiance doivent être régulièrement entretenus afin de maintenir la réputation de votre entreprise, mais également, celle de l’industrie touristique autochtone en général. De plus, afin que les agences acceptent de travailler avec vous, il est impératif d’offrir un tarif commissionnable variant de 10 % à 30 %.

Conclusion

Un survol a été présenté via cette chronique touristique, mais la formation complète regorge d’informations pertinentes pour toute entreprise touristique désirant en apprendre davantage sur l’environnement dans lequel elle œuvre. D’ailleurs, l’équipe de Tourisme Autochtone Québec est très fière d’ajouter cette formation à sa boîte à outils qui remplit bien notre mission visant à offrir une gamme de produits et de services favorisant le développement des entreprises, l’amélioration des pratiques d’affaires et leur positionnement sur les marchés touristiques.