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vendredi, 2 décembre 2022
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Protection de la Jeunesse des premières nations – L’APNQL perd espoir

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) et ses instances du domaine des services sociaux suivent attentivement depuis ses débuts, les travaux de la Commission parlementaire qui étudie le Projet de loi 15, Loi modifiant la Loi sur la protection de la Jeunesse. L’APNQL se dit extrêmement préoccupée et consternée par le peu d’échos que semblent avoir les nombreuses représentations faites devant d’innombrables tribunes qui étudient la situation des enfants et des jeunes de Première Nation qui se trouvent confrontés au système québécois de protection de la jeunesse.

Depuis trois décennies, l’ensemble des Premières Nations fait état de l’échec d’un système qui ferme volontairement les yeux sur une réalité sur laquelle seules, les Premières Nations sont les plus aptes à se prononcer. Avec comme preuve les témoignages de nombreux experts terrain, la Commission Viens, sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, en est venue à la conclusion que la Loi sur la protection de la jeunesse doit être modifiée pour mieux refléter la réalité culturelle et sociale des Premières Nations. La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Madame Régine Laurent, dans son chapitre sur les Premières Nations et les Inuit, a aussi rendu un verdict similaire.

Pour l’APNQL, il est clair que l’objectif que poursuivent les gouvernements des Premières Nations est d’obtenir une pleine autonomie dans la gestion de leur protection de la jeunesse. Entre-temps, il est possible, voire essentiel, de modifier le cadre législatif pour que celui-ci s’harmonise avec la réalité des Premières Nations. Or, le gouvernement de la CAQ a plutôt fait le choix d’imposer ce qu’il juge être bon pour les communautés.

L’acharnement du ministre Carmant et de son gouvernement à limiter la capacité de gouvernance de nos dirigeants est le colonialisme à son meilleur. La parole du ministre vaudrait- elle plus que celle de nos instances et de nos experts qui sont souvent ceux qui se retrouvent au front, au quotidien, dans le but de protéger l’intérêt de nos jeunes?” s’est questionné Ghislain Picard, chef de l’APNQL, en ajoutant, “ Il y a ici un abus flagrant de notre bonne foi et surtout de celle de nos experts qui n’ont pas ménagé les efforts et énergies pour documenter et soutenir les travaux des différentes commissions qui ont eu à se pencher sur ces questions.”

En l’espace d’à peine quelques jours, le gouvernement de la CAQ a réussi à aller à contre- courant d’importantes recommandations formulées par les Premières Nations et appuyées par les commissions Viens et Laurent, en ce qui concerne la sécurisation culturelle, la réussite scolaire chez nos jeunes et une protection de la jeunesse adaptée à la réalité des Premières Nations. “ Le plan J’ai espoir sur lequel surfe le ministre responsable des Affaires autochtones depuis des mois, est en train de faire naufrage. Ces derniers gestes en matière de protection de la jeunesse ne font rien pour le sauver”, conclut le Chef de l’APNQL.

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