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vendredi, 2 décembre 2022
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Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards – Un manque flagrant de considération des droits et intérêts des Premières Nations

L’Assemblée des Premières Nations (APNQL) déplore l’absence de considération des droits et intérêts des Premières Nations par le gouvernement du Québec relativement à la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards (ci-après la Commission).

Cette commission est un stratagème que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs
(MFFP) a trouvé pour repousser à nouveau l’élaboration et la mise en oeuvre de la stratégie
de protection et de rétablissement des caribous forestiers et montagnards et de leur habitat.

Ainsi, elle légitimise l’inaction du gouvernement du Québec dans la protection et le
rétablissement du caribou et de son habitat.

1- La Commission ne propose pas de consultation spécifique pour les Premières Nations,
alors qu’il s’agit d’une obligation constitutionnelle de la Couronne.

Selon le Chef Terry Shaw de la Nation Micmac de Gespeg, « Le caribou est une ressource
essentielle pour notre Première Nation. Toutes décisions ou mesures prises à son égard
doivent faire l’objet de discussions avec les Premières Nations. En agissant seul avec sa
Commission, le gouvernement du Québec ne respecte pas ses obligations de consulter, ni
la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ».

2- Le scénario « sans impact sur l’industrie forestière » prévoit abandonner les trois
populations de caribous de Val-d’Or, de Charlevoix et de la Gaspésie et fait ainsi
abstraction des impacts socioculturels d’une telle décision sur les droits des Premières
Nations.

3- La priorisation des enjeux économiques et la préservation d’emplois précaires sont
proposées au détriment d’une espèce d’importance culturelle.

Depuis plusieurs années, les Premières Nations joignent leur savoir millénaire sur le
caribou aux expertises des chercheurs et des spécialistes afin de protéger et rétablir les
populations et leur habitat. C’est donc avec amertume qu’elles constatent de nouveau le
manque de sérieux et de volonté du gouvernement du Québec à réellement protéger le
caribou et son habitat. Une fois de plus, ce dernier privilégie l’exploitation des ressources
naturelles aux droits des Premières Nations. De surcroît, le sérieux de l’expertise des
Premières Nations est clairement dénié, et ce tel que dénoncé par le Chef des Innu
d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho: « Les Premières Nations connaissent mieux que
quiconque leur territoire, la faune et la flore. Leurs savoirs millénaires joints aux
expertises de leurs propres spécialistes leur permettent depuis toujours d’établir leurs
propres règles et pratiques pour protéger le caribou. Il est temps que la province de
Québec le réalise et en tienne compte ».

L’APNQL regrette que le mandat de la Commission soit d’évaluer les impacts
économiques des mesures de protection du caribou sur l’aménagement forestier, plutôt que
de tenir compte des conséquences de l’exploitation forestière sur le caribou et les droits des Premières Nations.

Encore dernièrement, le ministre du MFFP, Pierre Dufour, sortait d’un Forum stratégique
gouvernement-industrie organisé en collaboration avec le Conseil de l’industrie forestière
du Québec (CIFQ) où il a fait état d’un bilan fort positif de la révision ciblée du régime
forestier.

Il est peut-être le seul à dresser un bilan positif de la situation, car selon le Chef de la
Première Nation de Kebaowek, Lance Haymond : « Quand on parle de foresterie et de la
gestion de la faune, rien ne va plus avec le MFFP. Depuis des années, nous avisons le
MFFP que leurs méthodes ne fonctionnent pas. Les consultations menées le MFFP, sont
une farce! Presque tout est décidé unilatéralement par le Québec, après quoi nous sommes
invités à partager nos préoccupations, et nos préoccupations ne sont jamais pleinement
prises en compte. Les choses doivent changer! ».

Nos droits, nos connaissances, notre expertise, notre expérience et notre lien spirituel en ce qui a trait au caribou confèrent aux Premières Nations une responsabilité envers les 7
prochaines générations et à cet effet nous entendons prendre les mesures nécessaires pour
assurer la protection et le rétablissement du caribou et de son habitat.

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