Archéologie à Pessamit : Un projet unique au Canada

Prise en 1946, cette photographie montre une rue du village de Pessamit avec les bâtiments de la Compagnie de la Baie d’Hudson en avant-plan. Photo BAnQ

Pessamit – Afin de comprendre la sédentarisation des Innus, le Conseil des Innus de Pessamit et Archéo-Mamu Côte-Nord se sont associés dans le cadre d’une approche archéologique novatrice. Le projet Auenitshenat Pessamiulnuat? – Qui sont vraiment les Innus de Pessamit? est une première au Canada.

Pour leur recherche, les responsables du projet se sont appuyés sur des études qui dessinent le parcours des événements qui ont mené à la Loi sur les Indiens, signée en 1876 et expliquant la création des réserves autochtones au Canada. Pour sa part, la réserve de Pessamit, ouverte en 1861, s’inscrit dans ce contexte historique.

Rappel important

Selon un extrait du livre de Rémi Savard et Jean-René Proulx, intitulé Canada : derrière l’épopée, les autochtones, la Loi sur les Indiens visait l’assimilation des peuples autochtones à la société euro-canadienne. « Cet ethnocide était considéré comme un passage obligé pour le développement de l’économie canadienne. Il faut savoir que les enjeux économiques de l’époque relèguent au second plan le commerce des fourrures, alors que les industries forestières et minières prennent une importance grandissante. On désigne l’administration des Affaires indiennes comme autorité responsable de la dépossession territoriale des peuples autochtones, devant permettre le développement économique de ces territoires », peut-on lire dans le document.

Conjuguer avec les irritants du passé

Les chercheurs se sont questionnés. Le but était de savoir comment les Pessamiulnuat ont conjugué avec cette nouvelle façon de vivre en devenant forcément sédentaires et comment ils se sont «adaptés» à la colonisation, à l’exploitation forestière, aux actions discriminatoires de l’État et à celles des missionnaires de l’époque.

Une grosse équipe

Le projet, qui sera filmé, a pour mission claire de raconter l’histoire des Innus de Pessamit, d’hier à aujourd’hui. Pour y parvenir et pour documenter les conclusions, pendant les mois de mai et juin 2019, des lieux significatifs fréquentés par les Innus seront explorés. Ainsi, avec les objets trouvés, un inventaire archéologique sera dressé. Il est important de préciser que ces investigations impliquent la participation d’archéologues, d’ethnologues, d’une ethnographe, d’aînés et d’autres gens de la communauté. Les aînés auront pour tâche d’interpréter les découvertes à la lumière de leur vécu et de leurs connaissances. De plus, du 21 mai au 28 juin, le public est invité à participer aux fouilles et à visiter le site de recherche.

Des raisons humaines et politiques

En plus d’inévitablement abolir des préjugés envers les Innus de Pessamit, les résultats des recherches serviront aux paliers des gouvernements qui pourront les utiliser pour parfaire leurs programmes liés aux Autochtones et pour mener à la réconciliation avec les peuples des Premières Nations. Les responsables pensent aussi que le projet inspirera des jeunes pour entamer une carrière en archéologie.

Pour tous les goûts

Pendant la période des fouilles, des activités intéressantes sont au menu. Ainsi, les gens pourront assister à des conférences et rencontrer un guide innu. Pour en connaître davantage sur le projet ou sur les activités, il faut contacter Archéo-Mamu Côte- Nord, au (418) 409-7455 ou écrire à fg@archeo-mamu.com. assister à des conférences et rencontrer un guide innu. Pour en connaître davantage sur le projet ou sur les activités, il faut contacter Archéo-Mamu Côte- Nord, au (418) 409-7455 ou écrire à fg@archeo-mamu.com.

 

Photo 1- ainee- credit- BAnQ

Cette photo, prise en 1939, montre madame Martin Vachon, une Innue de Pessamit, qui lace des raquettes. Photo BAnQ

Photo 1- ainee- credit- BAnQ

Cette photo, prise en 1939, montre madame Martin Vachon, une Innue de Pessamit, qui lace des raquettes. Photo BAnQ

photo 3- fourchette- credit archeo-mamu

Cette fourchette, dotée d’un manche en os ciselé, remonte possiblement au 19e siècle. Elle a été trouvée à Pessamit en 2017. Photo Archéo-Mamu Côte-Nord

photo 4- clou- credit- archeomamu

Ce clou, découpé à la pointe modifiée, permettait possiblement de travailler les peaux animales. Il a été trouvé à Pessamit en 2017 et daterait du 19e siècle. Photo Archéo-Mamu Côte-Nord