23e édition de hockey : Tournoi Mario Vollant devient Tournoi Anisheniu

Mario Vollant.

Mani-utenam – Avec son 23e tournoi, celui qu’on connaissait sous le nom de tournoi de hockey Mario Vollant devient dorénavant tournoi Anisheniu (Ange). Avec ce changement d’appellation, les responsables de l’événement ont tenu à honorer feu Mario Vollant dont le tournois portait le nom jusqu’à présent. Cet événement annuel a lieu à l’aréna Mario Vollant du 6 au 9 décembre 2018.

Selon le principal organisateur, Gilbert Vollant, frère du défunt Mario, ceci a créé des réactions. « Oui, il est regrettable qu’on doive changer le nom du tournoi puisque les gens étaient habitués au Tournoi Mario Vollant, surnommé TMV par les plus jeunes. Cependant, nous avons choisi d’appeler le tournoi amérindien Anisheniu. C’est le titre d’une chanson composée et interprétée en l’honneur de Mario Vollant par le chanteur Bryan André ».

Le premier tournoi a débuté le 6 décembre 1996 à l’aréna de Mani-utenam. Depuis, cet événement sportif, qui se tient toujours au début de décembre, rassemble un grand nombre de hockeyeurs, amateurs de hockey de tous les âges dont plusieurs viennent de différentes communautés et Nations. De plus, l’approche des Fêtes attire les familles venant de l’extérieur, qui profitent de l’occasion pour magasiner leurs emplettes des Fêtes.

À l’origine, le tournoi amérindien fut organisé par Gilbert Vollant, frère de Mario et leur sœur Thérèse. Au fil des années s’est rajouté un autre frère, Zacharie Vollant.

Mario Vollant travaillait déjà comme homme d’entretien à l’aréna. Il était également un joueur du tournoi. Selon Gilbert Vollant, Mario était un grand joueur. Les spectateurs venaient le voir jouer pour ses prouesses sur la glace. Bien des années plus tard Enrico Fontaine, fils de Mario a rejoint les rangs des joueurs pour ensuite se joindre aux organisateurs du tournoi. Mario Vollant a été diagnostiqué d’un cancer vers le début de l’année 2000, auquel il a succombé en août de la même année.

Par la suite, frères et sœurs ont entre- pris des démarches pour que l’aréna puisse, en sa mémoire, porter le nom de ce joueur passionné de la glace. Ils ont eu gain de cause et l’aréna de Uashat mak Mani-utenam est devenu l’aréna Mario Vollant en 2003.

Un des coéquipiers et ami de Mario, Kina André, se souvient des années où ils ont joué ensemble. « Son leadership était incontestable. Il ne se décourageait pas, il jouait jusqu’à la fin. Son tempérament bouillant et son intelligence sur la glace nous conduisaient souvent en finale. Son intégrité et sa fidélité envers sa communauté ont laissé sa marque », m’a partagé M. André.

Un autre joueur, Michel Rock, a dit qu’il avait vécu 23 ans d’histoire tournois, toutes classes confondues. Il a joué, gagné et perdu contre Mario Vollant. « D’ailleurs Mario est le seul joueur que j’ai vu maîtriser à merveille la technique de la cuillère », a-t-il dit avec admiration. Lorsque le journal lui a demandé ce qu’il ressentait face à la modification du nom, il a répondu: « Ça me fais de quoi. Je n’ai pas le mot exact, mais ça me fait de quoi. Dans ma tête ça restera le tournoi Mario Vollant ».

Événement socio-culturel

Depuis 2008, le tournoi n’attire pas les amateurs de hockey, mais également les joueurs de bingo. À cette époque, Yves Rock, directeur de la radio CKAU Kushapetshekan, a profité de cet événement pour lancer un bingo monstre dans lequel, il y a plus de $50 000 en prix. Les amateurs de bingo de partout sur la Côte-Nord viennent y jouer. De plus, durant le tournoi, il y a des soirées dansantes dans lesquelles, il y a eu des lancements d’album.

Depuis le grand voyage de Mario Vollant, d’autres joueurs l’ont rejoint, tels que Gilles Jourdain, Antoine Jourdain, André Pilot, Alex Cormier (classe vétéran du premier tournoi). Également John Washish et James-Hermel Picard.

ERRATUM : Une erreur est survenue sur le dernier paragraphe de cette article: Seuls Gilles Jourdain, Alex Cormier, John Washish et James-Hermel Picard sont décédés.  Les noms de Antoine Jourdain et André Pilot n’auraient pas dû apparaître. La Voix des Premières Nations s’excuse de cette erreur. (Édition papier de décembre-janvier 18-19, page 10.