2019 : L’année des langues autochtones

L’année internationale des langues autochtones. Québec organisera des activités de valorisation. Photo : APN

New York – Appuyé par 193 pays, l’ONU a proclamé l’année 2019 comme étant l’Année internationale des langues autochtones. Dans cette foulée, afin de souligner et de célébrer l’importance des langues autochtones du Québec, le gouvernement organisera des activités de promotion et de valorisation pendant toute l’année.

Pour définir la présence des langues dans le monde, María Fernanda Espinosa, poétesse et femme politique équatorienne, a été choisie comme Présidente d’honneur pour l’événement. Dans son discours, la dame a insisté pour exprimer que chaque langue autochtone a une valeur incalculable pour l’humanité. « Ce sont des trésors chargés d’histoire, de valeurs, de littérature, de spiritualité, de perspectives et de connaissances développées depuis des millénaires, fruit de leur interaction avec la nature : avec les forêts, avec les rivières, avec les mers », a-t-elle dépeint.

Au Québec

Présentes depuis des millénaires sur le territoire du Québec, les onze langues autochtones se regroupent dans trois grandes familles : iroquoienne (mohawk et wendat), algonquienne (algonquin, abénaquis, attikamek, cri, innue, naskapi, micmac) et eskimo-aléoute (inuktitut). Même si certaines langues possèdent peu de locuteurs, les langues autochtones au Québec sont plus en santé que la majorité de celles qui sont parlées au Canada.

Engagement solennel

Par le biais de quelques ministères, le gouvernement du Québec, dans le cadre du Plan d’action gouvernemental pour le développement social et culturel des Premières Nations et des Inuit 2017-2022, va tenir des activités et entamer des travaux visant l’adoption d’une Déclaration sur les langues autochtones. « La langue est le véhicule d’une culture. Cela est particulièrement vrai dans celles de tradition orale, comme c’est le cas des nations autochtones et inuit. Si l’on peut se réjouir de constater qu’elles ont survécu, il nous faut aujourd’hui les protéger. La diversité et la richesse des langues autochtones les rendent d’autant plus précieuses. Je salue le travail des communautés à préserver cet héritage », a déclaré Sylvie D’Amours, ministre responsable des Affaires autochtones.

Les raisons de l’ONU

 

La décision de l’ONU de déclarer 2019 comme année internationale des langues indigènes veut rappeler la perte de ces langues et la nécessité de les garder et de les revitaliser. « Il est temps de les promouvoir et d’adopter de nouvelles mesures urgentes sur le plan international », a déclaré Evo Morales, président de la Bolivie, un pays qui compte 36 langues autochtones.

Des données déplorables

Pour conclure, il est important de rappeler que selon les chiffres de l’ONU, les peuples autochtones comptent pour moins de 6 % de la population mondiale. Pourtant, ils parlent plus de 4 000 des 6700 langues de la planète. Aussi, selon des prévisions, plus de 50 % des langues auront disparu d’ici 2100. De ces langues en danger, la majorité de celles qui sont en péril sont des langues autochtones.

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Les participants de l’ONU sur les questions autochtones, dont l’UNESCO, estiment nécessaire de protéger les différentes formes d’expression culturelle, notamment celles des peuples minoritaires. Photo: Evan Schneider

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Le 3 février, l’ONU a lancé « l’Année Internationale des Langues Autochtones ». L’événement s’est déroulé sous la présidence de María Fernanda Espinosa, poétesse et femme politique équatorienne. Photo: Evan Schneider